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 addiction au manque de sommeil

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Brody



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MessageSujet: addiction au manque de sommeil   addiction au manque de sommeil EmptyMer 27 Avr 2011 - 16:06

Bonjour,
cela fait deux ans que la situation empire: je suis accro au fait de me coucher tard, et malheureusement mon "travail" (je suis en stage, et avant c'était les études), m'empêche de me lever tard comme je le souhaiterais. Evidemment, je me rends compte que dormir toujours plus tard et se lever toujours plus tard (par exemple en vacances), ne va pas non plus: je ne récupère pas vraiment. Une fois récemment il m'est arrivé de faire presque un tour complet de l'horloge en quelques jours: 2h du mat, puis 5h, puis 8h, puis 10h, à chaque fois en me levant en proportion. Je n'aurais pas eu un truc à faire le jour d'après, j'aurais continué. Je sais que le sommeil est réparateur, etc, mais rien à faire: d'une part l'idée de me coucher tôt me fait peur, car j'ai peur de devenir insomniaque car pas assez mortellement fatigué, et j'ai peur qu'une fois "réussi à ranger ma vie", elle me déprimera. J'ai l'impression que cette résistance au fait de se coucher tôt est en fait un message, mais je ne sais pas de quoi. ça m'a vraiment l'air psychologique. Et la seule fois où j'avais (presque) réussi à prendre cette habitude de front et à me forcer à me coucher tôt, d'une part ça n'a pas duré, et en plus j'avais l'impression de forcer sur quelque chose et que si je continuais j'allais presque casser net un bout de ma personnalité. Pourtant, toutes les fibres de mon corps hurlent le matin contre le réveil, j'ai beau me dire que je suis le dernier des idiots, ce n'est pas le matin qu'on peut décider qu'on se couchera tôt le soir, et une fois venu le soir, on n'en a plus envie. Et même si on a sommeil, c'est impossible. "juste encore un peu", et si par malheur on se lance dans quelque chose de long, alors la justification "je dois finir ce que je fais coûte que coûte" peut faire des ravages. Comme si je ne me sentais bien qu'une fois que mon sommeil était réellement et indubitablement détruit. Comme si j'avais besoin de vouloir ce "pire". Comme si c'était essentiel. Et que j'arrive en retard au boulot, que je me rende compte que je perds mes repères, que je me rendes compte que dès que je pense à un vrai projet pour moi dans la vie, je n'ai plus envie de le faire, que je n'ai qu'une seule vie, rien n'y fait. C'est vraiment une addiction, et même de mettre un réveil pour forcer à arrêter ce que je fais le soir me fait peur. Je ne veux pas faire taire ce "message" avant de l'avoir compris, et en même temps il me pourrit la vie jusqu'au bout.
Alors, de quoi est-ce que ce fait de vouloir absolument ce qui est mauvais pour soi, peut-il être le message? Est-ce que ce genre de cas, où les gens se rendent bien compte de leur problème, même de façon très claire, mais n'arrivent absolument pas à y remédier, alors qu'il suffirait d'un effort de volonté, arrive souvent? Je n'ai jamais ou presque de "trouble du sommeil", dans le sens que le temps que je finis par passer à dormir ne soit pas efficace, à part le fait que ces derniers quelques mois je me réveille invariablement quelques temps (ça dépend combien) avant mon réveil, en général entre une et quelques heures, pour me rendormir juste après. Pour ce dernier point, je pense que c'est le circuit de récompense induit par le bonheur énorme de se sentir fatigué, de regarder l'heure et de sentir qu'on peut encore dormir, le réveil est encore loin. Comme si on avait enfin le temps de récupérer. Pourtant finalement je ne dors plus si peu que ça: en général plus de 7 heures, des fois tout de même moins. Mais jamais beaucoup plus. Toujours, en permanence peu, à la limite de ce que je peux supporter. Mon père, lui, semble habitué à ne dormir que 5 ou 6 heures, mais j'ai l'impression que ça l'a presque rendu à moitié "crétin" à force: il peut ne pas comprendre quand on lui dit quelque chose, ou plutôt comprendre de travers, ne pas saisir tout le sens d'une phrase (se fourvoyer dans un jugement formulé trop tôt). Mais lui s'en accomode bien. Mais je ne veux pas finir comme lui!
Je précise que bien évidemment souvent ce temps qui s'étire à l'infini que je passe le soir, est devant un écran, à faire des recherches, écrire des messages interminables comme ici, ou en train de lire un livre. J'ai bien vu que la lumière intense n'aide pas à s'endormir, mais quand je lis c'est parfois aussi presque dans le noir. Je résiste toujours au sommeil...et surtout je suis très influencé (influençable) par rapport à "ce qui est bon" et "ce qui est mauvais" dans la vie, "ce qui rend heureux" ou pas, etc; par exemple, lire un livre "doit rendre heureux", car c'est un livre qui détend, peu importe si à ce moment là on est fatigué jusqu'à la morbidité. Tout est déformé dans mon jugement de valeur. Et j'ai souvent du mal à faire des choix où une réponse évidente ne peut pas m'être soufflée par quelqu'un, ou le bon sens, ou la communauté en général, surtout quand en fait il y a deux avis contradictoires: comme ici se coucher tôt, et "vivre sa vie à fond", car "c'est bien de vivre sa vie à fond"; au point que je ne sais même plus quand je suis heureux ou pas, et si je le suis.
Bref une sal*perie complexe et enracinée, et le "générateur de choix personnels" est en panne définitivement chez moi, car il n'a (presque) jamais démarré. J'ai commencé à faire mes choix moi-même en étant ado, et maintenant que ma vie se dégrade de plus en plus, je cherche des réponses ailleurs, ce qui en fait fait empirer la dégradation car je ne sais plus ce que je veux ou ne veux pas faire, car je ne sais plus ou pas ce qui me rendra heureux, vraiment. Alors, je fais n'importe quoi. Et pour éviter d'enterrer définitivement ce qui reste de moi, je garde ces insomnies volontaires, pour me souvenir que si je réprime ça aussi, il ne restera plus rien...désolé de la dérive métaphysique etc, mais je crois que c'est ça le fond. Et je ne sais pas quoi faire avec ça. J'ai toujours cherché une raison qui fasse qu'un choix soit "meilleur", peu importe à cause de quoi, mais il fallait qu'il y ait une raison opposable à quelqu'un qui remettrait ça en doute. j'ai de plus en plus fait ça en grandissant, alors qu'avant, comme tout "jeune", j'avais mes propres envies que je n'expliquais pas.
Bref, bug, bug et re-bug. J'ai essayé d'expliquer ce qui fait vraiment le fond du problème, mais je ne sais pas si j'ai réussi...
pouvez vous quand même m'aider?
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MessageSujet: Re: addiction au manque de sommeil   addiction au manque de sommeil EmptyMer 4 Mai 2011 - 11:03

Vous exprimez très bien l'anxiété générée par la perspective d'une "nouvelle" vie, ou du moins d'une nouvelle étape dans votre ve. L'anxiété est tout à fait pourvoyeuse de mauvais sommeil, et il pourrait être utile que vous abordiez tous ces thèmes en consultation, soit avec votre médecin traitant soit avec un psychologue. Vous pourrez ainsi aborder la façon dont vous vous projettez dans l'avenir.
Deux petits détails d'hygiène de sommeil que je voudrais confirmer: oui la lumière (comme celle d'un écran) peut bien décaler votre endormissement, et de même c'est la lumière du jour à laquelle vous vous exposez le matin qui permet de bien synchroniser vos différents rythmes, dont le rythme veille sommeil. D'où l'importance de garder une heure de lever régulière.
Enfin, je voudrais cautionner le fait qu'il ne sert à rien de se coucher si on n'a pas sommeil, et qu'il est préférable d'être attentif aux signes de somnolence (pas avant, mais pas trop après non plus!) pour déterminer son heure de coucher...
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MessageSujet: Re: addiction au manque de sommeil   addiction au manque de sommeil EmptyVen 6 Mai 2011 - 11:08

Bonjour,

ATTENTION, c'est juste une question, pas une affirmation :

C'est sûr qu'il faut être attentif aux signes précurseurs du
sommeil, mais ne prends t-on pas de mauvaises habitudes
en se couchant tard tous les soirs alors que l'on doit se lever
tôt le lendemain ?

Je veux dire par la que l'on pourrait changer nos mauvaises
habitudes en se couchant plus tôt plusieurs jours de suite,
quitte à mal dormir au début ?

On décalerait donc notre heure d'endormissement pour
pouvoir se lever en pleine forme le lendemain.

Christian
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MessageSujet: Re: addiction au manque de sommeil   addiction au manque de sommeil EmptyLun 9 Mai 2011 - 10:15

Le sommeil survient par la conjugaison de deux mécanismes: d'une part la périodicité de notre rythme veille sommeil, qui quand celui ci est bien synchronisé avec nos autres rythmes biologiques, induit une fenêtre de sommeil durant laquelle notre sommeil est optimal. En un sens vous avez donc tout à fait raison, le fait de se coucher toujours à une certaine heure va renforcer la propension à s'endormir à cette heure là, rendant difficile une avancée de l'endormissement.
D'un autre coté, la meilleure synchronisation est assurée par la régularité du lever, à cause de l'exposition à la lumière qui le suit, c'est donc plutôt sur l'heure de lever qu'il faut focaliser la régularité.

Par ailleurs, on ne peut pas facilement s'endormir "en avance" c'est à dire si on ne ressent pas les signes d'endormissement (si on n'a pas sommeil). C'est le deuxième mécanisme qui sous-tend le sommeil: on dort d'autant plus qu'on est resté longtemps éveillé. On accumule en effet des substances de sommeil tout au long de la journée, qui permettent de basculer dans le sommeil. Tant que cette "pression" de sommiel n'est pas suffisante, il est quasi impossible de s'endormir.

Pour changer les mauvaises habitudes comme vous dites, il faut en effet décaler la fenêtre de sommeil. Mais pour commencer, il est plus facile de la réduire à la fin (en avançant le lever), que de l'allonger au début (en avançant le coucher), car on peut décider de se réveiller, mais on décide plus difficilement de s'endormir.
Certes, cela passe par une dette de sommeil, mais celle ci permet d'accélérer le rephasage.

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MessageSujet: Re: addiction au manque de sommeil   addiction au manque de sommeil EmptyLun 9 Mai 2011 - 10:58

Bonjour,

Merci beaucoup pour ces précisions.

Si j'ai bien compris, il est mieux, et plus facile, d'agir sur l'heure
du lever, que sur l'heure du coucher. Ensuite, tout se régularise
automatiquement. (en principe !).

Bonne journée,

Christian
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MORPHEE
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MessageSujet: Re: addiction au manque de sommeil   addiction au manque de sommeil EmptyLun 9 Mai 2011 - 11:02

Tout à fait!
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MessageSujet: Addiction au sommeil moi aussi   addiction au manque de sommeil EmptySam 9 Juin 2012 - 3:56

Brody, j'ai exactement le même problème que toi!
Vraiment en tout point identique !
Je pensais que j'étais seul dans ma situation et que personne ne pouvait comprendre.
Je crois que c'est une sorte de suicide très lent.
Je ne sais pas comment remédier à ce problème qui doit être d'origine psycho.
Les réponses apportées dans ce forum ne servent à rien, car c'est la volonté de s'en sortir qui fait défaut.

Je demande moi aussi de l'aide car j'ai peur de mourir de cette situation.

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MORPHEE
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MessageSujet: Re: addiction au manque de sommeil   addiction au manque de sommeil EmptyJeu 14 Juin 2012 - 11:33

Vous avez raison de chercher de l'aide car il y a effectivement des solutions aux difficultés de sommeil, aussi nombreuses que les paramètres qui sont potentiellement en cause...
Les échanges sur le forum peuvent entre autres permettre une prise de conscience des différentes motivations qui nous animent, même quand celles-ci apparaissent contradictoires entre elles.
Dans un premier temps, je vous invite à suivre les grandes lignes d'hygiène de sommeil, ce qui peut être une première étape dans la gestion de votre sommeil: horaires de lever à peu près réguliers, quelle qu'ait été la nuit d'avant, exposition à la lumière du jour le matin, idéalement couplée avec une activité physique, éviter les excitants, ménager une période calme avant le coucher en évitant les écrans (à caus ed ela lumière qui décale l'endormissement), réserver le lit au sommeil,...
Vous retrouverez tous ces conseils en suivant le lien:
http://www.reseau-morphee.fr/le-sommeil-et-ses-troubles-informations/retrouver-sommeil
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